Old School

Il y a quelque chose d’extrêmement rassurant dans l’idée du désuet, de la nostalgie, du connu. 

Il y a quelque chose de sexy dans le vieux. 

Alors, je vous arrête tout de suite, ça ne veut pas dire que Tinder cartonne dans les EPHADs, ni même que c’est plus intéressant après 79 ans… Enfin, ça l’est peut-être hein, je juge pas… (enfin si, un peu). Je parle surtout de cette mode du « vintage », du retour au 50s, 60s, 70s… après, on peut passer direct au 90s, parce que les années 80, je pense que personne n’est hyper chaud. A part peut être Etienne Daho et les mecs qui jouent sur des synthés avec deux doigts… Mais même là, sérieux, si on peut éviter le fluo…

Au-delà des modes vestimentaires, on entend murmurer une vague de nostalgie au sujet d’une décennie inconnue et fantasmée où tout était censé être mieux, plus naturel, plus vrai, plus authentique…

Une image d’une vie plus saine, plus juste. On parle là de l’époque magique où la ménagère de moins de 50 ans cuisinait « pour de vrai » plutôt que de mettre la brandade à décongeler au micro-ondes. De ce temps béni où le jambon n’était pas rose, où les cigarettes ne tuaient pas (enfin, on ne le disait pas), où l’insouciance était reine, où le temps n’était pas déréglé, ou les hommes politiques avaient des convictions, de vraies valeurs républicaines… (haha). Bref, en ce temps là, bah c’était mieux.

Alors, oui, peut-être que le Roundup n’existait pas encore en 1952 mais la libération de la femme non plus. La conscience écologique n’était même pas l’idée d’une idée, et clairement, je ne suis pas hyper certaine que les conseils alimentaires de l’époque étaient hyper sains… (En plus ils mettaient du souffre dans leurs pinards…). En fait, ils avaient juste pas conscience qu’ils nous condamnaient plus ou moins à mort avec des choix moralement discutables.

Et, j’ai la dent dure, je sais, mais je vais insister un peu sur la condition féminine quand même, parce qu’on sait jamais, des fois que y’en a certain-e-s qui oublieraient deux trois conneries récentes, type droit de vote, IVG, droit d’avoir un compte bancaire, tout ça… Ouais, en 1952, fallait demander à ton père ou à ton frère pour aller claquer ta paie chez H&M (oui, je considère arbitrairement que tu es une personne qui soutient le travail des enfants dans les pays du tiers-monde, et alors ?).

Brrrrref, ce retour au bon vieil « avant » ne semble finalement pas si sain, pas si exempt de culpabilité… Parce qu’au final, c’est un peu la génération de nos parents et grands-parents les années 50 (enfin, des miens, ça c’est sûr), et que, en fait tous ces délires de surconsommation, de « on s’en fout de la pollution », de « les supermarchés sont ma nouvelle maison », bah ça a plus ou moins commencé dans ces eaux là… On ne serait pas un peu en mode rédemption à chialer de bonheur devant une table en formica et un bocal « le parfait » qu’on a payé 30€ vide ?

Alors, qu’on s’entende, c’est pas complètement con d’arrêter de produire du neuf, de consommer à outrance et de réutiliser l’ancien. Parce que oui, on produit trop de déchets, on surconsomme, et on est en train de s’assurer de faire partie des 5 dernières générations d’humains sur terre. Sans faire une crise d’ado à nos générations précédentes, parce que bon, ce qui est fait, est euh… fait, on peut peut-être imaginer de nouvelles façons de faire, de partager, de vivre…

Voilà, le moment bisounours est arrivé. Celui ou les gens vivent heureux, en harmonie avec la nature, sans particules fines, en ayant appris la langue des animaux…

Ok c’est bon, on peut recommencer l’élevage intensif, l’extinction des espèces et le réchauffement climatique. J’ai pris ma dose de pilou-pilou pour la journée.

Bon, j’ai rien contre les nanas qui s’habillent en pin-ups et participent quelque part à ramener la femme à une sous condition qui prône le « sois belle et tais toi », surtout si elles sont badass et le revendiquent. Mais peut-être qu’on n’est pas obligés de subir cette nostalgie chelou, de mystifier un âge d’or biaisé qui, en vrai, n’a sûrement jamais existé.

Le moindre objet, appareil ménager, side-cars, robes (et j’en passe) d’époque ou imité atteint des tarifs tellement fous, qu’aimer le vieux et courir les brocantes est devenu un truc de CSP+++. Et si on est un petit peu honnêtes, il y a plus d’imitations NEUVES que de vrais objets anciens en circulation. Ce qui finalement détruit totalement toute cette logique du rien ne se perd, tout se transforme, et en remet une petite couche sur le côté deathwish des humains en général.

En fait, on n’en a jamais su autant. Sur l’écologie, la science, tout ça. Il tient à peu de chose de transformer cette masse de savoirs en grand truc chouette qui ne nous force pas à voler les meubles de nos mamies…

En plus, ma grand-mère, le formica, elle trouve ça hideux, elle ne comprend pas trop pourquoi des hipsters chelous avec des barbes et des chignons veulent lui racheter sa cuisine… Laissez nos mamies tranquilles bordel!

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :