Eleanor Abernathy’s Complex

De quoi on parlait déjà? Ah oui, de la solitude ou plutôt du célibat.
En fait, il y a comme un petit truc qui me bug avec ça. Alors, oui, je sais, il y a pas mal de trucs buguants dans ma vie en ce moment, mais un jour je ne parlerai plus que de licornes magiques et de poneys mignons et vous vous ennuierez… Si si, je vous jure!

Donc, je disais, ce truc de célibat me chatouille un peu.

Comment on explique qu’un homme célibataire est quelque chose de normal et qu’une femme célibataire est forcément en attente de relation?

Ok, je m’explique un peu.

Qu’un homme soit “seul” c’est en quelque sorte “normal”.
On ne lui demande pas où il en est ou si il a rencontré quelqu’un à chaque fois qu’on le croise. En fait, un homme seul, ça ne choque ni ne gêne personne. C’est une personne qui prend le temps de se construire, un aventurier, libre comme l’air… Un homme seul n’a pas de boulet au pied, il vit.

Et une femme seule alors? Une femme seule, il lui est arrivé quelque chose. Elle cherche l’amour désespérément.
La pauvre.
D’ailleurs, on lui demande souvent si elle a (re)trouvé quelqu’un. Une femme seule, c’est une erreur dans un parcours, un faux pas. Elle est incomplète. Jamais elle ne pourra s’en sortir.

Bah oui, il faut un homme dans sa vie, ne serait-ce que pour donner un sens à son existence… Quel intérêt de se lever le matin si ça n’est pour un homme?

Mais on la rassure: il arrive!

Mais qui bordel? Le prince charmant? Parce que bon, ça fait quand même quelques années qu’on sait que c’est un peu des conneries ces histoires de mec à cheval qui porte une couronne… Je veux dire, que depuis le temps, quelqu’un l’aurait vu le type!

Une femme seule n’est pas libre, elle est menacée de se transformer en célibataire à chat qui sent la croquette.

Le regard de la société (et quand je dis la société, je parle de toi aussi…) sur les femmes célibataires est souvent extrêmement condescendant. Le regard des femmes sur les femmes célibataires est à limite du mépris. Ou peut-être est-ce de la peur? La femme célibataire qui s’assume suscite une sorte de fascination mêlée de pitié… On l’envie autant qu’on la plaint. Sa liberté est un pied de nez aux conventions sociales et au conditionnement dans lesquels nous avons tous grandi.

Si en plus l’heureuse élue n’a pas d’enfant passé trente ans, on peut s’attendre aux phrases types:
« T’inquiète pas, ça t’arrivera à toi aussi, tout n’est pas perdu. »
« On peut faire des enfants très tard maintenant, c’est dans les moeurs, regarde les actrices américaines! »

Alors qu’en fait, avant même qu’on ait fait part d’une quelconque angoisse (qui parfois arrive hein…), on est déjà cataloguée comme quelqu’un en manque avec une horloge biologique qui pète les plombs… Bientôt on va demander à se faire inséminer et faire un bébé toute seule… (#jeanjacquesforever).

Finalement, en vrai, souvent, ça va.
On passe du temps seule histoire de se retrouver, de renouer avec son moi créateur (on en parlait dans le dernier article,). On prend le temps de ne pas refaire les erreurs du passé, et de s’accepter mieux. On se rencontre et on apprend à devenir nous même, ce qui n’épargne pas quelques passages douloureux.  Pour certaines, on n’a même pas envie d’envisager une relation, pour d’autres, les portes ne sont fermées à rien.

Je ne dis pas que toutes les femmes pensent ça. Je pense même que certaines femmes se sentent hyper épanouies dans le couple et dans la vie à deux… Faut juste pas que tout repose là dessus en fait.

Et pourtant, une femme seule ne va pas bien!
Cette croyance là est ancrée dans notre éducation, notre culture, notre inconscient…

Tout et n’importe quoi plutôt que la solitude!

C’est un peu comme une manie, un hacking de cerveau, un réflexe indécrottable qui nous pousse à nous maquer avec le premier qui passe sous peine de finir seule, de vivre dans un torrent de larmes et de mourir dans un appart sordide (mais hyper bien décoré), pour être retrouvée 10 jours plus tard à moitié dévorée par Félix (oui, je reste sur mes positions félines).

Pourtant, le premier venu, il nous plait pas tant que ça… Il a de grandes dents, les oreilles décollées et puis il bave un peu quand il embrasse… Mais il rassure notre égo, nos mamans et notre entourage. Il nous achète une paix sociale qui à des moments peut être reposante.

Il faut envisager la solitude, il faut envisager l’aventure. Est-ce qu’on deviendrait pas des Sydney Fox en vérité? Des Fearless Queens qui existent pour elles et vivent pleinement leur nature créatrice? Débarrassons nous de nos boulets nous aussi pour être des femmes fortes, libres et indépendantes?

Parce que se mettre en couple avec la bonne personne ne nous forcera pas à être moins que ça. Bien au contraire.

Alors en attendant, ça vous dit on arrête d’attendre?

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