Nothing more than feelings

Il lui suffit de fermer les yeux. 

Tes yeux, ton regard. 
Tes mains qui m’effleurent et m’entourent dans une danse ininterrompue.
Tes yeux, ton regard. 
Le sourire sur tes lèvres quand tu me vois. Ta bouche contre ma peau. La douceur de la caresse de tes baisers.
Tes yeux.
Cette façon bien particulière que tu as de me regarder. Comme si autour de nous, plus rien n’existait, plus rien n’avait d’importance. Comme j’étais tout et que cela te ravissait. 
Tes bras autour de moi. Ton souffle court dans mon cou. L’odeur enivrante de ta peau. La sensation de mes doigts graciles dans tes cheveux. 

C’est beau, c’est fort, c’est plein de verbe et de verve. Ca déborde de sentiments et ça s’installe souvent dans un coin de sa tête. 

Des minutes, interminables de rêveries conscientes. Une illusion mêlée de doux souvenirs de moments longtemps ressassés. 

Elle ouvre les yeux, comme sonnée. Un doux sourire accroché à la commissure des lèvres. Que reste-t’il de la tendresse? Que lui reste t’il de la douceur après avoir marché si longtemps sur des planches cloutées? Comment ignorer ce qui a changé?

Que reste-t’il sinon les souvenirs d’une époque atone où les sentiments ne comptaient pas vraiment, où ses émotions, comme ankylosées par trop de violence, étaient en sourdine. 

Elle repousse avec agacement une mèche de cheveux et soupire mollement. Du bout de l’index, elle suit le contour de la tasse de thé, trop chaud, qui fume à sa droite. La lumière de ce matin d’octobre a un je ne sais quoi de doux et nostalgique. 

Comment retourner à cet état de léthargie sentimentale où rien ne réjouissait vraiment, mais rien ne blessait plus. Comment arrêter ces torrents bouleversants qui déferlent en permanence au creux de ses seins. Faire cesser ces pensées sensibles, les faire taire. 

Elle voudrait retourner dans son lit, se recroqueviller et dormir d’un sommeil sans rêves et sans attentes. Sans envie et sans besoin. Retrouver là la douceur de l’enfance et la tendresse d’un vieil ours en peluche remisé depuis longtemps dans un placard. Elle voudrait que ce soit suffisant. 

Elle porte la tasse brûlante à ses lèvres et laisse la vapeur réchauffer son visage quelques instants. 

C’est submergeant. Ca prend une place folle toutes ces émotions. Ca ne laisse d’espace à rien d’autre.

Envahie. 

Rien n’a plus la même saveur, le même goût, la même odeur. Tout est maintenant plus fort, plus intense, plus dur, plus heureux et plus triste à la fois. Il n’y a plus aucune place pour l’entre deux, le gris, la demi-mesure. Tout est devenu trop; ou pas assez.
Elle se sent comme obligée de ressentir, en permanence. 

Tes yeux, ton regard… 
Tes mains sur mon visage surpris de tant de douceur. 
Ton sourire enfantin. Mes mains sur ta peau. 
Le souvenir de ton odeur. 
Tes yeux, ton regard.
La tendresse de ta voix. 

C’est beau, c’est partout. Ca l’entoure comme l’illusion d’une étreinte. 

Elle rouvre les yeux, comme sonnée. Essuie une larme qui s’est vaguement imposée en roulant librement sur sa joue. 

Elle porte la tasse à ses lèvres. Le thé est froid. 

A l’extérieur, le soleil semble vouloir crever l’épaisseur des nuages d’automne. Au loin, il lui semble apercevoir quelques percées de ciel bleu.

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